Le contrôle technique faussé par une absence de rigueur

karoussa-controle-technique

Les chiffres livrés récemment sur le nombre d’agences de contrôle technique fermées sont très significatifs. Le bilan annuel de l’opération, s’il a enregistré des avancées,révèle une faille de taille : absence de rigueur.

En retirant, durant l’année 2013 qui s’achève, l’agrément à 18 agences, en plus de la radiation de 56 agents pour « manquement aux règles professionnelles et non respect des dispositions de cahiers des charges », les autorités peuvent donner l’impression de vouloir asseoir des pratiques de rigueur dans une activité qui devrait participer à la sécurisation des personnes. Sauf que dans la réalité, les choses se présentent autrement avec le maintien de véhicules vétustes notamment les appareils assurant le transport en commun. La tutelle avait pourtant tutelle tenter d’immobiliser tous les appareils en état de vétusté avancée. C’est dans ce sens que le ministère des Transports a adressé à l’ensemble des walis du pays, une décision précisant qu’à partir de juin 2013, les véhicules de transport en commun vétustes assurant aussi bien des dessertes urbaines, suburbaines et inter wilayas, doivent définitivement être mis hors service.

L’objectif recherché à travers cette mesure est de renouveler un parc automobile vieillissant et surtout source de certains accidents de la route soldés par un nombre important de victimes. On signale à cet effet que le parc automobile algérien avec une moyenne d’âge de plus de 20 ans, est source de danger sur nos routes. D’où la nécessité d’aller vers un renouvellement de ce parc. Et pour la mise en place de cette mesure, des comités locaux ont été installés dans certaines wilayas pour contrôler l’état des autobus. Les comités en question sont composés de représentants des services de l’administration des wilayas, des représentants des directions des transports de wilaya, des services de la direction du commerce, d’élus locaux et de représentants des syndicats de transporteurs.

Cette mesure pourrait visiblement permettre de rattraper les limites ayant accompagné l’opération de contrôle technique à laquelle la rigueur fait constamment défaut. Cela se vérifie à travers les bus de transports, qui constituent, dans bien des cas, un véritable danger public.
C’est le cas de l’accident enregistré à Tiaret, il y a quelques mois, quand un bus de transport de voyageurs a fait une chute de plusieurs mètres dans un ravin situé sur le bas-côté de la route. Une dizaine de voyageurs avait trouvé la mort. L’enquête aura révélé qu’un problème de freinage est la cause de l’accident. Explication similaire suite à l’accident de la circulation survenu quelques semaines plus tard sur la RN 12 à Draâ Ben Khedda, wilaya de Tizi Ouzou, ou la cause principale serait également la vétusté de l’engin. C’est ainsi dans la douleur née suite à des accidents de la route qu’on s’interroge sur la portée réelle du contrôle technique obligatoire pour tout véhicule de transport. On conclut dès lors que ces engins n’ont pas été soumis à ce contrôle technique rigoureux. Le résultat ne peut être que macabre. Un argument solide qui devrait persuader les concernés à plus de rigueur.


1570 vues0 réactions

A lire aussi